Dépistage du cancer de la thyroide à Madagascar

Madagascar  » Un grand et beau pays «  :

- 21 millions d’habitants sur près de 600 000kilomètres carrés.
- 5 enfants par femme.
- Un taux d’analphabétisme majeur : près de 60%
- sur la planisphère aucun cancer de la thyroïde n’a été déclaré : une vraie anomalie chez cette population jeune.

Ma formation et mon expérience professionnelle m’ont amené à évaluer le contexte de soins de la thyroïde. J’ai rencontré des professionnels motives et sérieux.

Leurs conditions de travail et leurs moyens sont extrêmement difficiles :

  • les consultants arrivent dans des structures différentes et éloignées :  radiologie, médecine nucléaire, endocrinologie , ORL , oncologie.
  • Seule la radiologie est équipée d’un échographe qui permet l’exploration morphologique de la glande.
  • Le radiologue fait appel à l’ORL pour la réalisation de la ponction cytologique .Celle-ci est réalisée dans un second temps : le malade doit acheter les aiguilles, les lames sont inadéquates, pas de porte-lames.
  • Le malade consulte ensuite le médecin qui prendra la décision thérapeutique éventuellement chirurgicale
    Tous ces circuits sont lourds et compliqués dans un pays où les transports sont difficiles et qui n’a pas de prise en charge de la maladie.

Dans un premier temps, nous avons essayé  de revoir la prise en charge des maladies thyroïdiennes morphologiques :
-       une demi-journée sera dédiée en radiologie pour la réalisation des échographies
-        l’ORL devra faire les ponctions cytologiques dans le même temps : cela nécessite l’obtention d’aiguilles adaptées, de lames étiquetées, de porte-lames
-       la cytologie va répondre selon la classification internationale Bethesda
-       l’anatomopathologiste ensuite classera les lésions selon les normes en vigueur pour évoluer vers une déclaration des cas de cancers sur un registre officiel
-       endocrinologue et médecin nucléaire travaillent déjà ensemble et devraient centraliser ces déclarations qui permettront de connaitre incidence, prévalence et suivi des cancers de la thyroïde à MADAGASCAR

L’endocrinologue a proposé de suivre le radiologue pour se former à l’échographie thyroïdienne

Nous allons demander à l’association humanitaire « PATHOLOGIE ET CYTOLOGIE DU DEVELOPPEMENT » du matériel pour la cytologie et idéalement une formation pour les techniciens d’anatomopathologie.

Un nouvel hôpital est construit, non encore opérationnel qui devrait réunir endocrinologue et médecin nucléaire. L’idéal serait que ces médecins disposent sur place d’un échographe et du matériel de ponction ainsi les patients seraient pris en charge en une seule fois jusqu’au diagnostic et la décision thérapeutique.Nous déciderons à quel moment il faut re-intervenir pour aider les professionnels de santé.

Nous avons pu réaliser toutes ces investigations et élaborer des solutions rapidement grâce aux docteurs  Maurice Collin et Nouraly qui étaient déjà sur place et connaissaient tous les intervenants.

Ils vont suivre la mise en place des recommandations et sauront à quel moment re-intervenir…

Le travail est esquissé, sûrement pas terminé.
Colette Vaudrey
Endocrinologue

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