Grand Prix Madame Figaro-Oenobiol

L'extrait foliaire s'accomode de différentes façons. Les enfants préfèrent le prendre sous forme de boissons sucrées. Modesta, elle l'incorpore aux tortillas de maïs

d'en confier la promotion aux conseillères nutritionnelles qui quadrillent les barrios (quartiers) à la recherche des populations les plus vulnérables, de le mélanger d’office à la boisson énergétique servie à deux mille enfants chaque matin dans les trente centres préscolaires ouverts par Soynica à Managua et dans le nord du pays et d’attendre les résultats. Ça fait sept ans qu’ils arrivent en masse, sous forme de témoignages semblables à celui de Modesta, où il est question de diverses maladies envolées et d’énergie retrouvée. « Pourtant, souligne Luci, il ne s’agit pas d’un aliment énergétique, à proprement parler. Il n’empêche que je vois les gens changer. Généralement après deux à trois mois d’usage quotidien. »

      Luci n’est pas la seule à constater les effets positifs de L’extrait foliaire, meme si, avec plus de neuf tonnes consommees depuis sept ans (l’extrait est donné gratuitement par France-Luzerne, les frais d’envoi étant à la charge de I’APEF), le Nicaragua offre actuellement le plus grand champ d’expérimentation, dans le monde, des bienfaits de la luzerne sur la santé humaine. En Roumanie, où il a été testé dès 1994 auprès de personnes âgées, en Chine, où, depuis 1996, des recherches sont effectuées sur des adolescents et adultes, en Équateur, au Mexique et dans divers pays d’Afrique, avec le soutien de l’Ordre de Malte et du Rotary, les mêmes témoignages affluent. Mais c’est subjectif, un témoignage. Ça n’a pas de valeur scientifique. Toutes les études précédemment menées par Soynica, avant et après la prise d’extrait foliaire, montrent une diminution significative des anémies (jusqu’à 72 % selon un contrôle sanguin effectué en 1999 sur 240 enfants anémiques), un gain de poids et de taille, une augmentation du taux d’hémoglobine dans le sang. Mais il s’agissait d’études non nominatives, menées sur une population légèrement instable, dont les résultats ne peuvent donc pas être pris en ligne de compte. Cette année, l’association a lancé dans le nord, avec l’accord du ministère de la Santé qui en assure le côté médical, une étude comparative sur soixante femmes enceintes dont vingt prennent de l’extrait foliaire, vingt du sulfate de fer et vingt rien du tout, avec un contrôle régulier par analyse de sang et contrôle du poids du bébé à la naissance. Car il faut convaincre. Pour un prix de revient de 4,57 € (30 F) environ par enfant et par an, l’extrait foliaire pourrait concerner près de deux milliards d’individus qui souffrent de malnutrition par carence (et non calorique) aux conséquences dramatiques (la carence en vitamine A fait cinq cent mille enfants aveugles par an. Elle est souvent à l’origine de diarrhées qui tuent quatre millions d’enfants de moins de cinq ans chaque année. Par ailleurs, cinq cent millions d’enfants souffrent d’une carence en fer qui affecte leur développement physique et mental). Des chiffres qui devraient pousser la communauté scientifique et les grands organismes chargés de la santé et de la nutrition à plus d’intérêt que le mol attentisme qu’ils réservent depuis des années aux extraits foliaires. Parce qu’ils ne mettent pas de grands intérêts financiers en jeu? Tout ce temps perdu contre lequel se bat, au Nicaragua, une petite femme pleine de foi et d’énergie.


APEF, Nozet, 51230 Connantre. Tél. : 03.26.61.75.05
E-mail:jacques.subtil@wanadoo.fr et soynica@sdnnic.org.ni (en anglais ou en espagnol).
Maria a été sélectionnée pour une étude comparative sur soixante femmes enceintes.
Le dosage des apports nutritifs est essentiel:
la carence en vitamine A cause la cécité de cinq cent mille enfants par an.