MIKA MIMBWA MIVUMBUKILA KUMOSI MILEKILA KUMOSI

 



 

    Le mot NDONA tire son origine du Portugais «Dona ». C'est un titre de respect que l’on donnait et donne à toute femme depuis l’époque ou la province du Bas-Congo faisait partie du royaume Kongo.

    C'est l'occasion de saluer particulièrement la mémoire de «Ndona Béatrice Kimpa Vita » qui continue à faire notre fierté et celle de toute l’Afrique.

Honorables, Excellences, Mesdames, Messieurs et chères Ndona

    La ndona se distinguait par ses vertus: la reconnaissance de Dieu par la prière, l’amour des siens et des faibles, le partage de ce qu’on a et le pardon qui conduit à la paix.

 

    Mais parler des NDONA est une matière très complexe et abondante qui constitue un chapitre de cours d’histoire et de sociologie que nous laissons aux Professeurs et chercheurs en ces matières. Le professeur Lunenganeso va nous en parler.

    Mais en résumé, NDONA est un modèle de comportement et de responsabilité à l’instar de Ndona Béatrice.

Où en sommes-nous? chacune de nous se situe-t-elle?

 

PENDANT LA COLONISATION

 

    Juste avant et au début des colonisations belge, portugaise et française, toutes ou quasi toutes les femmes se comportaient en véritables Ndona car tout le monde connaissait tout le monde dans les villages. La coutume et la proximité régulaient les comportements. Toutes les femmes s’adonnaient aux responsabilités familiales: maternité, ménage et agriculture.

    Une timide scolarisation a créé des écoles ménagères et des écoles normales. De ces écoles sont sorties les monitrices. Ce qui a conduit à une première cassure dans les Ndona: En effet la monitrice en contrepartie de la considération due à son statut intellectuel cumulait toutes les tâches de femme.

    En effet, après les cours ou pendant les cours elle continuait à assumer pleinement ses tâches de mère et ménagère, tout en assumant sa charge d'agriculture. II arrivait d’ailleurs qu’elle utilise ses élèves (punies) pour l’aider dans ces travaux. Mais elle jouissait d’une considération plus grande par rapport aux autres femmes. Dans les années 40 à 60, une timide volonté amène à créer le pensionnat de Mbanza- Mboma où furent internées et éduquées des futures Ndona en provenance de tout le Congo en partant du Katanga, en passant par les Kivu, la Province Orientale, l'Equateur, les Kasaï, le Bandundu, Léopoldville et le Bas-Congo évidemment. Un véritable creuset des Ndona dans l’unité du Congo et dans la culture Kongo. (citons en passant, Madame Sophie Lihau Kanza, Marie Louise Wayiki (épouse de l’honorable Boboliko, Antoinette Lwangi ( maman de l’honorable Claudel Luboya), etc.

 

CONGO-ZAIRE ET FIN DE LA DEUXIEME REPUBLIQUE

    Dans les années 60 à 70, une prise de conscience a fait comprendre qu’éduquer une femme c’est éduquer une nation.

    Plusieurs compatriotes qui ont accédé à des très hautes fonctions ont compris qu’un grand homme a besoin d’une grande femme.

    Ndona Sophie Lihau KANZA est devenue Ministre d'Etat, tout en étant dans les enseignements à l’université.

    L’accès à tous les niveaux et dans toutes les branches fut donné aux filles et femmes car certaines d’entre elles ont continué les études en étant mariées et mères.

    Un grand respect fut donné aux Ndona. On prit l’habitude de les appeler « mamans ».

    Malheureusement la décadence de la deuxième République a conduit à des déviations très graves.

Excellences, Honorables, Mesdames, Messieurs et Chères Ndona

 

    Depuis les années 70 une certaine légèreté de conduite fut tolérée et surtout la violence faite à la femme même à la jeune fille et aux vieilles mamans.

    Nous allons vous montrer quelques images des conséquences de cette décadence en évitant toutefois le sensationnel et l'horreur.

    Les situations vécues à travers ces images et la misère profonde chez la femme tant du pays profond que de la ville sub-urbaine (dont peut-être notre voisine), c’est le cas de « mama na Kwango» pour moi, nous interpellent Congolaises et Congolais, mais surtout nous les Ndona, les héritières du profond respect de nos ancêtres Kongo.

    Ces personnes sur les photos sont peut-être notre maman, notre soeur, notre nièce. Elles vivent dans des zones périphériques (Makala Ngunza) des villes et surtout dans l’arrière pays.

    Chères soeurs Ndona, si nous n'y prenons garde, certaines ndona, à cause de leur enclavement physique et intellectuel, sont en train de retourner à l’économie voire l’âge de la cueillette.

    Même Dans la Lukaya qui n’a pas subi la guerre, la déperdition scolaire atteint aujourd’hui près de 80 % au niveau des filles. En outre, nous ne devons pas oublier que depuis 1996 plusieurs coins de la République n’ont pas eu d’année scolaire normale. Et dans ces coins, les premières sacrifiées sont les filles.

    Comme si cela ne suffisait pas, elles sont devenues l’objet de toutes les violences parmi les plus abominables !

Chères Ndona et distingués invités!!

    Levons-nous et gardons une minute de recueillement ou plutôt de pensée pieuse pour celles qui sont mortes, pensons particulièrement à nos soeurs du Nord et Sud Kivu.

Merci.

 

Excellences, Honorables. Mesdames, Messieurs et Chères Ndona

 

DANS LA TROISIÈME REPUBLIQUE

 

    A l'aube de la troisième République, la présente rencontre se situe dans le prolongement de celles que nous avons eues avant les élections. Maintenant que cette page importante est tournée, nous appelons toutes les Ndona, tant du pays que de la diaspora de se joindre à nous pour qu’ensemble nous soyons parmi les entrepreneurs des chantiers de notre pays afin d’en faire un Pays plus beau qu’avant.

Excellences. Honorables, Mesdames, Messieurs et Chères Ndona

    Ne pouvant donner un cours de redressement d’une nation, nous nous limitons à poser quelques questions essentielles et circonstancielles dont la liste pourra être complétée par chacune des Ndona ici présentes et chacun de nos distingués invités:

    • Jusqu’à quant la plupart de nos soeurs (surtout celles de l’arrière pays) resteront dans l’inquiétude en se demandant sans cesse : vivrai-je encore demain car le manque de nourriture, de soins de santé, de salaire décents, de sécurité politique est omniprésent.

    • Jusqu’à quand nos enfants, les Ndona jeunes et âgées continueront â rêver de l’exil, de l'émigration avec tous les risques de l’humiliation, de noyades, d’emprisonnement, de refoulement, d’expulsion au point d’être appelées des *NGULU.

    • Jusqu’à quand notre jeunesse congolaise continuera-t-elle à s’entasser dans la maison familiale avec des femmes et enfants parce qu'elle manque cruellement des moyens pour louer un studio de 10 à 15 dollars.

    • Jusqu’à quand les NDONA continueront à courber l’échine par des travaux de champs sans productivité cumulés avec des maternités non contrôlées Jusqu’à quand! à la lumière des petites lampes à pétrole, nos soeurs resteront vendre des petits riens afin d’apporter quelque chose à la maison tout en laissant l’éducation des enfants à la RUE?

    • Jusqu’à quand nos soeurs seront utilisées comme arme de guerre par les différents envahisseurs, rebelles ou libérateurs selon le camp?

 

   Nous pourrions multiplier ces interrogations à l’infini. Mais ce n’est pas dans cette salle que nous allons le faire.

   Notre souhait est de nous organiser et nous rencontrer régulièrement afin de prendre conscience et agir. Notre souhait est d’être des entrepreneurs et actrices de développement. Aux gouvernants de notre Pays, aux Amis de la Communauté internationale et surtout aux Ndona de la diaspora congolaise, nous vous invitons à nous aider à découvrir les pistes qui nous permettrons de retrouver la dignité de NDONA de nos ancêtres.

   Face aux agressions contenues dans les interrogations ci-dessus énumérées, notre souhait est de nous unir et réagir ensemble comme la sagesse kongo le conseille:
 « MIKA MIMBWA MIVUMBUKILA KUMOSI MILEKILA KUMOSI »

 

Merci    

 

* phénomène ngulu: Il arrive souvent que des congressistes ou des groupes connus de chanteurs se fassent accompagner (moyennant finances) de candidats à l'émigration extérieurs à la délégation. Ces candidats entrent ainsi illégalement dans le pays concerné et disparaissent ensuite dans la "brousse".